Shibamata

Sur Tokyo, il n’existe pas deux quartiers comme Shibamata. À l’extrême limite de la capitale, à la frontière avec la préfecture voisine de Chiba, le quartier est modeste et nostalgique pour les Japonais, qui viennent nombreux y chercher le souvenir de l’ère Showa et des films de Tora-san. Mais aussi y découvrir le Taishakuten, un temple bouddhiste aux bas-reliefs exceptionnels, et faire un tour de barque grâce au « Yagiri no Watashi », le dernier passeur de Tokyo !

C’était un lieu qui nous intriguait beaucoup. Un des cent paysages symboliques du Japon contemporain, dans la préfecture de Tokyo, et dont nous n’avions jamais entendu parler hors de la liste. D’autant plus intriguant que personne, parmi les Japonais à qui nous avions cité ce nom-là, n’avait l’air de connaître ce bout de Tokyo, aux confins de la ville.

C’est bien simple, Shibamata est un bout de Tokyo longé par l’Edogawa, la frontière naturelle entre Tokyo et la préfecture voisine de Chiba. autant dire que plus lointain, cela n’existe pas (en oubliant les îles de Tokyo, évidemment…).

Mais le petit quartier valait définitivement le déplacement. Pour les Japonais, il est en fait plutôt connu, car il est le lieu de résidence de la famille de Tora-san, le personnage principal de la série de films Otoko wa tsurai yo (une référence de la culture populaire de l’ère Showa, avec 48 films tournés entre 1969 et 1995 – un peu comme si un nouveau De Funès était sorti à chaque été et chaque Noël pendant la période !).

Les références à Tora-san sont partout dans la rue principale (appelée Taishakuten-sando) de Shibamata, qui est réellement un bout de Tokyo préservé, avec une atmosphère un peu hors-du-temps et quasiment pas de touristes étrangers (ce qui mérite d’être souligné à Tokyo !). Côté Japonais, les visiteurs sont tout de même plutôt du troisième âge.

Shibamata - Tora-san
Tora-san, immortalisé devant la gare de Shibamata.
Shibamata - Tora-san Shibamata - Tora-san
Shibamata Shibamata

Shibamata

Shibamata

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Shibamata est un quartier qui s’est historiquement développé autour du temple Taishakuten Daikyoji, fondé en 1629 et qui apparaît lui-aussi régulièrement dans les films de Tora-san.

Un arbre impressionnant est à découvrir, immédiatement après la porte principale Niten-mon. Le pin est vieux de près de 500 ans, et déploie trois branches principales et dépliées qui forment trois long axes tendus devant le bâtiment principal du Taishakuten. Le temple est également connu pour ses bas-reliefs de bois sculpté, l’œuvre d’artistes ayant également contribué au Toshogu de Nikko. Mais contrairement à ces derniers, les panneaux à découvrir à Shibamata n’ont jamais été peints et ont la couleur du bois brut. Rehaussée d’un peu de poussière car les sculptures ne sont brossées qu’une fois par an pour ne pas les abîmer.

Le billet d’entrée pour observer les panneaux sculptés permet également d’accéder au jardin à l’arrière du temple (400 yen, de 9h à 16h, sinon le reste du temple est bien en accès libre). Le site est très reposant, et quatre thés différents en libre-service sont à déguster en appréciant le jardin. Une manière très calme de découvrir un jardin japonais à Tokyo, en l’ayant quasiment pour soi. Les deux visites se font intégralement en chaussettes, y compris le tour du jardin qui s’effectue par une galerie couverte.

Shibamata - Zuiryu-no-matsu
Le pin Zuiryu-no-matsu, vieux de près de 500 ans.
Shibamata Shibamata

Shibamata

Shibamata

Shibamata

Shibamata Shibamata
Shibamata
Beaucoup de mystère sur cette photo (quelqu’un aurait-il une explication ? :p )

Shibamata

Shibamata

Shibamata

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Mais ce n’est pas tout. Shibamata est aussi célèbre pour la maison Yamamoto-tei, une ancienne résidence de marchand qui contient un superbe jardin japonais. Enfin c’est ce qu’il paraît, car l’ensemble était fermé quand nous avons visité le quartier (à éviter, donc, chaque troisième mardi du mois)…

Le quartier a une particularité, qui se découvre en poussant jusqu’aux bords de l’Edogawa. Ce recoin de Tokyo, à 10 minutes de marche du temple et après avoir longé les habituels terrains de sport qui occupent la plaine alluviale, abrite le dernier passeur de Tokyo – « Yagiri no Watashi » en japonais. Loin de l’agitation de Shinjuku ou de Ginza, une gondole permet de traverser l’Edogawa pour rejoindre Chiba, après avoir quitté Tokyo par un quai de bric et de broc.

Une traversée fluviale un peu hors du temps, très calme, pendant laquelle le dernier passeur de Tokyo, raconte l’histoire et l’actualité des berges (en japonais). La traversée est à 100 yen, et la majorité des visiteurs paie directement l’aller-retour. Historiquement, ces passeurs permettaient aux habitants des deux rives de traverser facilement, pour rejoindre par exemple les marchés des deux côtés de la rivière. Celui de Shibamata permettait également aux riverains de l’Edogawa côté Chiba de rejoindre le Taishakuten.

Depuis 2009, la vie du temple et les sons fluviaux de la barque sont officiellement l’un des 100 paysages sonores du Japon.

Shibamata - Yagiri no Watashi

Shibamata - Yagiri no Watashi

Shibamata - Yagiri no Watashi Shibamata - Yagiri no Watashi

Shibamata

Shibamata - Yagiri no Watashi

Shibamata

Shibamata

Nous ne savions pas à quoi nous attendre en rejoignant l’extrémité nord-est de Tokyo. Mais le déplacement vaut finalement vraiment la peine, pour découvrir un quartier historique préservé, et avec très peu de touristes – ce qui est suffisamment rare pour être vraiment souligné à Tokyo !

Comment s’y rendre ?

Le quartier de Shibamata se découvre facilement à pied depuis la gare du même nom. Plusieurs options sont possibles pour la rejoindre. Par exemple depuis les gares Keisei-Ueno ou Nippori, il faudra prendre la Keisei Main Line jusqu’à Takasago station (une première étape de 15 minutes), puis la Keisei Kanamachi Line pour un arrêt (2 minutes). Un trajet total de 25 minutes et qui coûte 260 yen.

Attention : le passeur n’est pas présent tous les jours, et ne navigue apparemment pas en hiver.

Shibamata TaishakutenShibamata TaishakutenShibamata TaishakutenShibamata - TokyoShibamata - TokyoYagiri no Watashi - TokyoYagiri no Watashi - Tokyo

7 Comments

  1. Bonsoir !
    Vous êtes à Tokyo ! Vous toujours changez la place. Je pense le magasin 欧明社ce que le seul librairie ne vend que des livres en français. Il se trouve 飯田橋 à Tokyo.
    Le dernier article 永平寺 était très intéressant . Je voudrais y aller un jour.

  2. Bonsoir !
    Merci.
    Automne au Japon, c’est une saison des fêtes traditionnels. Ne manquez pas de les voir !
    Bonne soirée

  3. DAns la grande rue, on peut voir derrière la vitrine d’un restaurant de soba, le cuisinier qui étale une pâte gigantesque et coupe les nouilles au couteau avec une régularité et une vitesse époustouflantes ! une très belle atmosphère. Merci pr le reportage photo.

    • Merci pour ce commentaire 🙂 . Oui nous l’avons vu aussi quand nous y sommes allés ! Impressionnant et très chouette !

  4. Quartier visité aujourd’hui grâce à vos conseils : c’est un enchantement, merci de me l’avoir fait découvrir !
    Malheureusement, le passeur ne passe plus. Il semblerait qu’il s’arrête l’hiver.

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