Kotohira

Le sanctuaire de Kotohira, dans la préfecture de Kagawa sur l’île de Shikoku et épicentre des sanctuaires Kompira, est un pèlerinage populaire au Japon. Mais il n’est pas de tout repos ! Le sentier qui gravit les pentes du Mont Zozu compte 1368 marches pour atteindre le sanctuaire Izutama, tout en haut de l’immense ensemble religieux. Possibilité d’en gravir une partie en palanquin. Et ce paysage de l’ère Heisei, curieusement dédié aux marins et à la navigation, est plein de surprises, avec des chiens, des chevaux et un éléphant…

Nous ne nous y attendions pas. Car contrairement au Yamadera de la préfecture de Yamagata, dont le nom veut littéralement dire « temple de la montagne », rien ne laisse présager l’ascension que nécessite le Kotohira. Presque une heure pour rejoindre le hall principal, puis 45 minutes pour atteindre le sanctuaire intérieur, au bout d’une longue volée de 1368 marches (qui n’était pas non plus sans nous rappeler l’ascension de Miyajima en été).

Kotohira

Car le Kotohira-gu, familièrement surnommé Kompira-san, qui s’étend sur les pentes du Mont Zozu, est réputé pour être l’un des édifices religieux du Japon à l’ascension la plus éprouvante. Ce que nous n’avons entendu dire qu’après ! Mais une ascension haute en couleur, qui permet de découvrir un site historique majeur et une vue à couper le souffle.

Kotohira

Kotohira Kotohira

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L’ascension pour le Kompira commence par un échauffement de 365 marches, qui mène à la porte O-mon. Une première partie ouverte aux commerçants, qui se fait entre les étals de souvenirs et les restaurants de sanuki udon, la spécialité de Kagawa. Ce premier tronçon peut même s’effectuer en palanquin (5300 yen l’ascension, 3200 yen la descente, 6800 yen l’AR).

Kotohira

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Les plaques tout le long de l’ascension correspondent aux nombreux donateurs du sanctuaire.
Kotohira Kotohira
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Le sanctuaire principal, le gohongu, se découvre après la 785 ème marche. Reconstruit pour la dernière fois en 1878, il trouve son origine dans une première structure de 646. À proximité immédiate, le hall des Ema permet de se rappeler la vocation maritime des sanctuaires Kompira, dont le Kotohira est le siège. Aux côtés des schémas de moteurs, de vaisseaux spatiaux et des marines qui s’y entassent, offerts par des équipages, vieillit le Malt’s Mermaid original, petit bateau en aluminium avec lequel le Japonais Kenichi Horie a battu le record de vitesse de traversée du Pacifique en embarcation solaire, en 1996.

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le Malt’s Mermaid original du Japonais Kenichi Horie.
Kotohira Kotohira

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L’accès au sanctuaire Izutama se fait par une nouvelle longue succession de marches, beaucoup plus calmes et bucoliques que les précédentes, à l’abri de la nature luxuriante du mont Zozu.

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Mais au-delà de la randonnée que constitue l’ascension du Kotohira, celui-ci cultive plusieurs particularités qui en font une découverte unique. En plus des porteurs de palanquins et de la référence maritime.

Le sanctuaire est l’un des derniers au Japon qui héberge des shinme, dans une écurie dédiée à la fin du premier tiers de l’ascension. Ces « coursiers des dieux », deux chevaux, ne peuvent être touchés que par les prêtres shinto, et montés uniquement par les kami, les divinités japonaises. Ils sont l’héritage d’une coutume de l’époque Nara, qui préconisait d’offrir des chevaux aux sanctuaires (race et couleur étaient alors déterminantes selon le vœux).

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Non loin de l’écurie divine se trouve la surprenante statue votive d’un éléphant d’Afrique, et la reproduction d’une hélice de paquebot, offerte par des chantiers navals.

La dernière référence inattendue est l’image omniprésente de chiens portant des tablettes de bois autour du cou. Ces chiens de Kompira, typiques de Kotohira, étaient populaires à l’époque Edo. Ils étaient alors envoyés par leurs maîtres qui n’avaient pas le temps de faire le pèlerinage, avec une plaque votive autour du cou, une offrande pour le sanctuaire et de l’argent pour les dépenses de nourriture du voyage.

Kotohira

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Comment s’y rendre ?

Le début de l’ascension est à un quart d’heure de marche de la gare Kotohira. Celle-ci est directement reliée à celle d’Okayama, la porte d’entrée ferroviaire du Shikoku. Deux options sont possibles, en JR Nanpu limited express (50 minutes, direct, environ 3000 yen) ou en trains locaux JR (1h30/2h, environ 1500 yen, changement parfois nécessaire). Les deux options sont couvertes par le JR pass.

Sinon, des bus directs relient la gare et l’aéroport de Takamatsu. Compter 50 minutes et 1500 yen par personne.

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3 Comments

  1. Chouette description.

    Une petite correction, à côté du sanctuaire principal, il ne s’agit pas de la reproduction d’un sous-marin, mais bien du bateau original, à savoir le Malt’s Mermaid, le bateau avec lequel a été battu le record de la traversée du Pacifique à la rame, si je me souviens bien.

    Une interrogation aussi. Pour les chevaux, les vrais chevaux n’étaient pas là ? Je suis confus par cette pancarte avec la photo du cheval blanc. Le vrai cheval n’était pas là ?

    • Merci de ta vigilance David ! 🙂 Nous nous sommes faits avoir par une brochure mal traduite/erronée. Correction faite ! Pour les chevaux, le blanc était enfermé dans son écurie et le noir pas très intéressé par un shooting et tournant ostensiblement le dos…

      • De rien.
        Pour les chevaux, je vois.
        Voir seulement un poster du cheval blanc m’a fait douter : lui était-il arrivé quelque chose ?

        Le noir n’est pas très social je pense. Chaque fois que j’y suis allé, le blanc aime bien les visiteurs et « poser » (autant qu’un cheval sache poser), mais le noir, ça l’intéresse pas trop, si bien que je ne sais pas si j’ai la moindre photo de lui.

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