Amanohashidate

Pourtant dans la même préfecture que l’ancienne capitale impériale, le « Pont du ciel » est ignoré de la majorité des voyageurs étrangers. Alors même que Amanohashidate est visité par près de trois millions de touristes japonais chaque année ! Et la langue de sable n’est pas le seul point d’intérêt du littoral de Kyoto…

Les autorités japonaises l’ont bien compris : le potentiel touristique de la zone littorale de la préfecture de Kyoto est immense, mais pas encore très développé. D’où la création du label « Kyoto by the sea » en 2015, comme une zone méconnue du Japon, avec l’espoir d’attirer les visiteurs étrangers. L’étape était incontournable pour Nippon100, car Amanohashidate est à la fois l’une des trois vues classiques du Japon, et l’un des 100 paysages officiels de l’ère Heisei. Et les maisons/bateaux d’Ine (un autre des 100 paysages !) se trouvent à une petite heure de bus.

Amanohashidate ou le pont du ciel

Amanohashidate

L’attraction principale de la péninsule de Tango reste Amanohashidate, littéralement « le pont du ciel », une langue de sable de 2,5 kilomètres de long, couverte de pins maritimes et qui forme une enclave fermée dans la baie de Miyazu : la mer d’Asoumi. En géomorphologie, il s’agit d’un tombolo, un cordon littoral de sédiment créé par l’action des vagues.

Parmi les Japonais, Amanohashidate est célèbre depuis le début du 17e siècle. Le moment où Hayashi Razan, lettré des débuts de l’ère Edo, a déterminé que le site était l’une des trois plus belles vues du pays. Aux côtés du très célèbre tori de l’île de Miyajima, près d’Hiroshima, et du beaucoup moins connu archipel de Matsuyama dans la préfecture de Miyagi.

Amanohashidate

Amanohashidate Amanohashidate

Amanohashidate

Mais à l’époque, la langue de terre n’était pas encore totalement formée comme elle l’est aujourd’hui, laissant une ouverture plus importante vers la mer d’Asoumi. Ce qui explique que la plus ancienne représentation du site, contemporaine d’Hayashi Razan et dessinée par Shesshu Toyo, le montre différent d’aujourd’hui (ci-dessus).

« La vue la plus célèbre a longtemps été celle depuis la baie, que l’on voyait en naviguant, nous a expliqué Seiichiro Tokuda, dont la famille tient le ryokan Seikiro depuis 13 générations (donc presque depuis les débuts de la célébrité d’Amanohashidate !), dans la ville voisine de Miyazu. Puis les vues depuis les collines se sont imposées au XXè siècle, quand il a été plus facile d’y circuler. »

Amanohashidate

Amanohashidate Amanohashidate

Amanohashidate

Ce sont ces deux vues, de chaque côté du Pont du ciel, que les Japonais viennent découvrir chaque année. Côté sud, le parc Amanohashidate Viewland du mont Monju est accessible en télésiège (monoplace et sans barrière) ou en monorail (850 yens quelque soit le moyen de transport, tous les jours de 9h à 17h, 17h30 ou 18h). Au nord, la vue est à découvrir depuis les hauteurs du parc Kasamatsu (télésiège ou petit funiculaire, 660 yens AR, tous les jours de 8h à 16h30, 17h ou 17h30 selon la saison).

Matanozoki, la tête entre les jambes

Bien qu’elle soit maintenant pratiquée des deux côtés, c’est bien du côté nord qu’est née la position Matanozoki. Pour les Japonais, se pencher pour placer sa tête entre ses jambes et regarder le paysage à l’envers permet de découvrir une vue inédite d’Amanohashidate. « Le ciel et la mer se confonde, et la langue de terre ressemble alors le plus à un Pont dans le ciel », termine Seiichiro Tokuda.

Amanohashidate

Pour rallier les deux points de vue, la majorité des visiteurs traversent le tombolo (gratuit, environ 1h en marchant et 20 minutes en vélo – beaucoup de loueurs des deux côtés : compter 400 yens pour 2 heures). Sinon un bus local fait le tour de la mer d’Asoumi toute les heures (400 yens aller simple).

Amanohashidate

Amanohashidate Amanohashidate

Plusieurs temples et sanctuaires sont également célèbres des deux côtés d’Amanohashidate. Côté sud, où se trouve la gare, une figure bouddhique de la sagesse – Monju – est honorée au temple Chion-ji, notamment par les étudiants passant des examens. De l’autre côté, le sanctuaire Motoise Kondo a une importance particulière dans le shintoïsme. Comme dans le très célèbre sanctuaire d’Ise (dans la péninsule du Kii, article à venir), Amaterasu et Toyoukehime y sont honorés.

Le petit sanctuaire détient un autre record : la famille de prêtre shinto qui officie à Motoise Kondo possède le plus vieil arbre généalogique du Japon – un trésor national. Cela fait maintenant 82 générations que la famille Amabe s’occupe des lieux !

Yakisoba au curry et église à Miyazu

La gare précédent celle d’Amanohashidate est celle de Miyazu, la plus grande ville du secteur et une bonne base pour l’explorer, à une poignée de kilomètres du pont du ciel. Là où se trouve par exemple le ryokan de Seiichiro Tokuda, un établissement vieux de 300 ans, dans lequel se trouve aussi une petite partie musée.

Miyazu

Miyazu

La ville abrite un bout du lointain passé chrétien du pays avec l’une des plus vieilles églises catholiques du Japon, l’église de Miyazu. Des messes y sont encore célébrées tous les dimanches. L’église en bois a été construite en 1896 par un Français, le Père Louis Relave. Elle combine à la fois des influences occidentales et japonaises. Sous les vitraux importés de France, les fidèles ont longtemps pris place sur des tatamis, à la japonaise. Ils s’assoient désormais sur des chaises pliantes, posées à même les tatamis (entrée gratuite, tous les jours de 9h à 17h).

Amanohashidate Amanohashidate

Amanohashidate

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Enfin, comme l’expliquent plusieurs brochures disponibles à Miyazu, les yakisobas au curry sont les « soul noodles » de la ville. On s’est donc précipité pour les goûter en suivant le document qui les listait. Une dizaine de restaurants en proposent, entre 500 et 900 yens !

Comment s’y rendre ?

Rallier Amanohashidate se fait en général depuis Osaka ou Kyoto. Même si le Pont du ciel est dans la même préfecture que l’ancienne capitale, il faut tout de même compter deux heures. Précisément, depuis la gare de Kyoto, il faut prendre la ligne JR Hashidate puis le Tango Relay en changeant à Fukuchiyama (compter 4700 yens). Depuis Osaka, il faut prendre la JR Kounotori et changer à Fukuchiyama (compter 5580 yens).

Il est aussi possible de prendre le bus depuis Kyoto (2800 yens pour 2h30 depuis Kyotoekihachijoguchi ) ou Osaka (1870 yens depuis OCAT à Namba pour rallier Fukuchiyama, finir en train).

Pour en voir plus

En français, Vivre le Japon résume ce qu’il y a à faire autour de Amanohashidate, de la même manière que le site officiel de l’office du tourisme du Japon. En anglais, TadaimaJP s’attarde sur le côté plage de la langue de sable, à découvrir en été !

Enfin, ce n’est qu’en japonais mais toutes les informations sur les yakisobas au curry sont sur curryyakisoba.com.

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