Isolé dans les montagnes de Shizuoka, un pont suspendu permet de traverser les gorges de Sumatakyo, inondées d’une surprenante eau bleu émeraude. Il s’agit du Yume-no-tsuribashi, un pont à sens unique très réputé pendant l’automne, quand les arbres de la vallée prennent des teintes flamboyantes.

La promenade mérite toutes les difficultés d’accès imaginables. Car Sumatakyo Onsen, d’où part la randonnée pour aller à la rencontre des méandres cérulés de la rivière du même nom, est l’un des recoins les plus isolés de la préfecture de Shizuoka, loin en amont du fleuve Oigawa.

Pour s’y rendre, à moins de voyager en voiture, il vous faudra emprunter les chemins de fer privés des lignes Oigawa Railway depuis Kanaya jusqu’à Senzu (si possible mené par une locomotive à vapeur), puis un bus jusqu’à l’arrêt Sumatakyo Onsen. C’est ici que se trouve aussi le parking ; il ne reste plus qu’une petite heure de marche pour atteindre le pont des rêves.

Sumatakyo - Yume-no-tsuribashi

Sumatakyo - Yume-no-tsuribashi
Le voici, en contrebas, le pont des rêves.

Le pont Yume-no-tsuribashi

Sumatakyo - Yume-no-tsuribashi

Le pont se dévoile finalement après un tunnel, loin en contrebas. Il s’élance par dessus la confluence de deux rivières, Omagawa et Sumatagawa, deux affluents du fleuve Oi. Leurs vallées sont inondées depuis l’ère Meiji (1868-1912), quand décision fut prise de pacifier le fleuve impétueux : des barrages furent construits dans les montagnes, pour en contrôler le cours.

Jusqu’alors, les crues imprévisibles de l’Oigawa étaient l’un des plus grands obstacles se dressant sur la route des voyageurs du Tokaido, entre Tokyo et Kyoto par la côte du Pacifique.

Sumatakyo - Yume-no-tsuribashi Sumatakyo - Yume-no-tsuribashi

Les ponts suspendus sont arrivés plus tard, pour pouvoir circuler désormais dans les gorges de Sumatakyo. Le Yume-no-tsuribashi est le plus impressionnant de tous, ce qui lui vaut son nom de « faiseur de rêve »(yume no tsuri), et d’abord de cauchemars, dans l’esprit de ceux qui l’ont baptisé.

Sumatakyo - Yume-no-tsuribashi Sumatakyo - Yume-no-tsuribashi

Sumatakyo - Yume-no-tsuribashi

Sumatakyo en automne

La balade qui permet de passer par le pont des rêves est une boucle à sens unique. Car le fragile ouvrage ne peut être traversé que par dix ou onze personnes à la fois et n’est pas assez large pour que l’on puisse s’y croiser.

Pendant la saison des couleurs d’automne, en novembre, un employé garde son entrée, comptant en permanence le nombre de promeneurs qui s’y engagent, rappelant à l’ordre ceux qui y passent trop de temps, et réglant la circulation dans son ensemble.

Le pont suspendu oscille beaucoup lorsque l’on s’y déplace.

Sumatakyo - Yume-no-tsuribashi

Sumatakyo - Yume-no-tsuribashi

Sumatakyo - Yume-no-tsuribashi

Après la traversée, il faut monter une longue volée de 304 marches pour retrouver la suite de la randonnée et un chemin plus carrossable. L’itinéraire du retour permet de voler quelques derniers coups d’œil aux vallées inondées, aux montagnes illuminées par l’automne et au pont qui y est tendu.

Le jour de notre visite, nous avons eu droit aux derniers rayons du soleil, qui disparurent ensuite rapidement plongeant la vallée dans le crépuscule.

Sumatakyo - Yume-no-tsuribashi

Comme son nom l’indique, la région de Sumatakyo Onsen est aussi celle de nombreux bains thermaux.

Comment s’y rendre ?

Comme précisé plus haut, le pont des rêves, Yume-no-Tsuribashi, est bien isolé.

Depuis Tokyo, en train, il faudra prendre le Tokaido Shinkansen jusqu’à la ville de Shizuoka, puis changer pour la ligne JR Tokaido classique jusqu’à la gare de Kanaya. Le JR pass n’est pas valide au-delà, car les trajets sont opérés par la compagnie privée Oigawa Railway. Prendre un premier train pour transférer à Shin-Kanaya, puis un second pour Senzu.

C’est sur la seconde portion qu’il est possible de voyager avec une locomotive à vapeur, tous les jours de l’année.

En temps normal, des bus circulent depuis Senzu pour rallier Sumatakyo Onsen, d’où commence la randonnée.

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