[Heisei#27] Ouchi-Juku, la station aux toits de chaume du Tohoku

Ouchi-juku

Il n’y en a qu’un comme cela au Japon. Le village d’Ouchi-Juku, ancienne station sur la route entre Nikko et Aizu-Wakamatsu, présente une succession de toits de chaume alignés sur 450 mètres, dans une rue unique façon Far West. Datant de l’ère Edo, le paysage a traversé les époques et les bouleversements du XXè siècle en gardant sa silhouette, pour être finalement préservé et restauré dans les années 1980. Un des joyaux de la préfecture de Fukushima.

Pour Nippon100, la station d’Ouchi-Juku est le deuxième paysage qui se distingue par ses toits de chaumes. Mais si les gassho-zukuri de Shirakawa-go, à Gifu, sont célèbres mondialement et inscrits au patrimoine mondial de l’humanité, les boutiques, minshuku et restaurants de la ville-étape de la préfecture de Fukushima le sont beaucoup moins.

Ouchi-Juku était une étape de la route commerciale Aizu-Nishi Kaido, qui reliait Nikko, au sud, à Aizu, une vingtaine de kilomètres au Nord. Car à l’époque Edo, les restrictions mises en place par le shogun obligeaient à voyager à pied, d’où la multiplication de ces stations le long des principaux axes de communications. Parmi les 100 lieux que nous visitons avant février 2018, nous en avons déjà croisé deux : Magome-juku et Tsumago-juku, le long du Nakasendo.

Comme celles de la préfecture de Gifu, la station d’Ouchi offrait aux voyageurs de quoi se reposer et se sustenter, avec des étals ouverts dans chaque maison. Mais les toits des différentes échoppes sont différents puisqu’à Ouchi-Juku, ils sont uniformément en chaume.

Ouchi-juku

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Ouchi-juku

Ouchi-Juku date de 1643, année où les premières auberges ont ouvert dans la vallée le long de la Aizu-Nishi Kaido. Elle a été en fonction jusqu’au début de l’ère Meiji, en 1884, quand une route alternative a ouvert, la Aizu Sanpodoro. La station aux toits de chaume, n’étant plus sur un axe majeur, a progressivement perdu sa fonction de ville-étape.

Isolés dans une vallée montagneuse, les toits de chaume sont restés hors du temps. L’électricité y est arrivé peu après la Seconde Guerre mondiale. Puis l’intérêt du public a suivi dans les années 1960, quand les médias japonais se sont étonnés de découvrir un endroit « si vétuste » alors même que le Japon construisait ses premiers gratte-ciels à Shinjuku.

Les quelques voix qui appelaient à protéger l’ancienne station n’ont été entendues que dans les années 1980, avec des classements successifs qui ont permis la restauration d’Ouchi-Juku. Résultat de cette politique de préservation, la ville-étape a retrouvé l’aspect qu’elle avait à l’ère Edo, en masquant les indices de la modernité.

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Les poissons grillés, avec les sobas, sont une des fiertés d’Ouchi-Juku.

De vingt mille en 1985, les visiteurs annuels ont dépassé pour la première fois le million en 2007. Permettant à Ouchi-Juku de devenir l’une des vues les plus célèbres de la préfecture de Fukushima. Mais les étrangers, américains ou européens, y sont toujours rares.

Nous y étions le jour d’un petit festival, célébré dans le sanctuaire sur la colline qui domine Ouchi-Juku. Riz complet, saké, pickles et œufs durs étaient offerts aux visiteurs !

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Comment s’y rendre ?

Ouchi-Juku est situé dans la commune de Shimogo, à 20 kilomètres au sud d’Aizu-Wakamatsu, un autre des 100 paysages de l’ère Heisei. La gare la plus proche est celle de Yunokami Onsen sur le chemin de fer d’Aizu (35 minutes et 1030 yens depuis Aizu-Wakamatsu, non compris dans le JR Pass). Un bus saisonnier fonctionne de la gare à Ouchi-Juku, de avril à novembre (20 minutes, 1000 yens pour un pass 1 jour).

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