Tottori

Peut-être le paysage le plus différent de tous les autres… Dans ce recoin de Japon, pas forcément difficile d’accès mais hors des itinéraires classiques, les dunes de sables de Tottori ont un petit côté Sahara – c’est en tout cas ce que disent les locaux ! Avec vue sur la mer du Japon, quelques chameaux y promènent les près de 2 millions de visiteurs annuels. Pourtant, avant que des écrivains ne le rendent populaires au XXème siècle, ce paysage des 100 lieux de l’ère Heisei n’était pas particulièrement apprécié.

C’est un paysage qui change. Au milieu des nombreux lacs, des temples ou des parcs nationaux pleins d’ours, les dunes dorées de Tottori ont indéniablement un petit côté exotique qui n’est pas pour déplaire. Pour les Japonais, et pour les nombreux touristes asiatiques, ces belles tonnes de sable ne sont pas sans évoquer le désert et l’aventure. Et des chameaux les attendent pour renforcer cette impression et faire des selfies à la sauce Lawrence d’Arabie.

Les dunes de Tottori ont près de 100 000 ans. Elles sont le résultat des dépôts de sédiments acheminés pendant plusieurs millénaires par la rivière Sendaï jusqu’à la Mer du Japon. Les courants marins et le vent ont ensuite regroupé le sable et formé les dunes – dont la silhouette précise change au gré des saisons. Elles font partie du géoparc de Sanin Kaigan.

Tottori

Tottori

Tottori

Tottori Tottori

Tottori

Tottori

Tottori

Tottori

Tottori Tottori
Tottori Tottori

Tottori

Mais pendant de longues années, les dunes ont surtout été considérées par les locaux comme une nuisance. Il faut attendre le début du XXème siècle pour qu’un auteur japonais ne les rende célèbres nationalement – mais de manière tragique. En 1923, le romancier Takeo Arishima, qui fréquentait une femme mariée, raconte son désespoir en se mettant en scène seul au milieu des dunes. Son poème devient célèbre dans tout le Japon quelques mois plus tard, après le suicide des deux amants. Les visiteurs affluent alors à Tottori.

Le sable doré des dunes a également servi d’inspiration au roman de Kobo Abe, la Femme dans les dunes, publié en 1962 et grand succès d’édition au Japon.

Tottori

Tottori

Tottori

Tottori Tottori

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les dunes auraient perdu près de 30 mètres, d’après l’observation de photos aériennes. Elles mesurent aujourd’hui environ 60 mètres de haut pour la principale – Umanose soit « le dos du cheval ».

Mais le courant marin qui amenait le sable depuis l’embouchure de la rivière Sendaï et permettait le renouvellement naturel des dunes ne le fait plus depuis les années 1980. En cause, la construction de la digue du port voisin. Pour les préserver, des campagnes de désherbage sont organisées depuis le milieu des années 2000, pour limiter l’avancée des herbes qui empêchent le mouvement des dunes.

Les chameaux sont présents toute l’année, tous les jours, mais avec des horaires réduits en hiver (de 10h à 16h). Le « tour » à dos de chameaux, pour lequel les Japonais font la queue patiemment, est en fait une petite boucle de 60 mètres (1300 yen pour une personne, 2500 pour deux). Enfin, l’accès aux dunes est gratuit.

Tottori
Tottori

Tottori Tottori

Tottori

Tottori
Une des activités proposées aux dunes, avec le petit tour de chameau, la descente en snowboard…
Comment s’y rendre ?

Les dunes de Tottori, l’attraction la plus prisée de la préfecture, sont à 20 minutes de bus de la gare de Tottori (le dernier arrêt en direction de Tottori Sakyu, 鳥取砂丘, 370 yen). Pendant les weekends, jours fériés et périodes de vacances, les Kirin Jishi Loop Bus sont une autre solution pour les rejoindre (300 yen, ou pass journée à 600 yen).

Pour rejoindre Tottori depuis Tokyo, le plus simple est de prendre le Tokaido Shinkansen jusqu’à Shin-Osaka ou Himeji, et de changer ensuite pour le Super Hakuto Limited Express (environ 6 heures et 19000 yen en tout). Le trajet n’est pas intégralement couvert par le JR pass, car le Super Hakuto circule en partie sur des voies non-JR, d’où un supplément de 1820 yen.

Le trajet peut aussi se faire en bus de nuit avec Keikyu Bus ou Nihon Kotsu Bus. Compter 10500 yen pour presque 10 heures de voyage.

2 Comments

  1. Encore un bel article pour une destination qui ne me tentait à la base pas plus que ça. A vous lire ça n’a pas l’air si mal ! Je me ferai une idée par moi-même dans quelques semaines lorsque j’y mettrai les pieds. 🙂

    • Tu nous diras ce que tu en as pensé ! Nous on y était en semaine, hors vacances, et je pense que ça doit être très/trop chargé les weekends. Mais ça reste un paysage vraiment différent 🙂

Laisser un commentaire