Naoshima

Naoshima fait évidemment partie des 100 paysages de l’ère Heisei. Car ce n’est tout de même pas si commun, qu’un recoin de Japon « méditerranéen » – avec plages et criques, soleil et îlots verts – deviennent un rendez-vous mondial des passionnés d’art contemporain. Aux côtés des bâtiments de Takao Ando avec vue sur la mer de Seto, et des potirons de Yayoi Kusama, l’île arty s’apprécie tranquillement à vélo, des petits villages typiques aux installations éphémères….

Il s’en est fallu de peu. Car tout cela n’a finalement commencé qu’avec la volonté du milliardaire japonais Soichiro Fukutake d’exposer de l’art contemporain « hors des murs blancs des galeries et musées des grandes villes ». Le projet, commencé en 1989 avec le Naoshima International Campsite, a ensuite vu venir la Benesse House en 1992.

Tadao Ando à Naoshima

Puis les musées dessinés par l’architecte Takao Ando et les installations de plein-air ont suivi, avec l’idée d’impliquer le plus possible les habitants dans cet art contemporain vécu à l’échelle d’une île, puis de plusieurs. Des îles qui sont devenues, explique la Benesse Corporation, « un canevas pour les installations d’art contemporain ». Après le Chichu Art Museum (2060 yen), sous-terrain, le Lee Ufan Museum (1030 yen) et les expositions temporaires de la Benesse House (1030 yen), l’art s’est emparé du sento avec le projet « I love yu » en 2009 (voir plus bas).

Naoshima

Au cœur de la mer intérieure de Seto, aux faux airs de Méditerranée, entre Honshu et Shikoku, la triennale de Setouchi a ensuite vue le jour en 2010. Tous les trois ans des œuvres contemporains éphémères sont exposées pendant plusieurs mois (prochaine édition en 2019) sur 12 îles du secteur.

L’art de Yayoi Kusama à Naoshima

Le symbole officieux de Naoshima, héritées d’une précédente triennale, sont les deux citrouilles tachetées de Yayoi Kusama. Autour d’elles, et dans toute l’île, un nombre inhabituel de touristes étrangers à vélo. Inhabituel pour ce bout de Japon rural qui, sans la volonté de Fukutake, serait resté un bout de campagne souffrant de déficit démographique, comme tant de recoins du Japon. Les belles plages en plus.

Pour en découvrir plus sur l’Art contemporain dans la mer intérieure de Seto et sur la région en général, ne pas hésiter à visiter le blog de David, installé ici depuis 2011, Ogijima.fr en français ou Setouchi Explorer, en anglais.

Naoshima - Shikoku

Naoshima - Shikoku

Naoshima

Naoshima

Naoshima

Voilà pour le contexte général ! Pour nous, la découverte de Naoshima a commencé par la rapide traversée depuis la gare d’Uno (à 50 minutes d’Okayama) jusqu’à Miyanoura, le port principal et village de l’Ouest de l’île. Et une déception. Car si toute la documentation officielle de la fondation Benesse mentionne bien le Naoshima International Campground comme point de départ de l’aventure artistique en 1989, impossible aujourd’hui d’y planter sa tente.

Pas de camping à Naoshima

Les signes « No camping allowed » sont disposés un peu partout et ramènent au Tsutsuji-so, le « camping » officiel de l’île. Qui n’est pas un terrain de camping mais un site de « indoor lodging », donc un ensemble de yourtes et de caravanes (nuit à partir de 3600 yen par personne, douches payantes en sus). Mais à en croire les nombreux blogs anglophones qui ont connu la même désillusion, nous ne sommes pas les premiers à être surpris !

Naoshima
Naoshima

 

Naoshima

Naoshima

Naoshima se visite tranquillement en une journée à vélo (location à 500 yen la journée, partout sur le port). Avec tant de visiteurs, l’île fourmille de restaurants, de cafés et de bars. Du côté de Honmura, l’autre village, côté Ouest de Naoshima, nous nous sommes attardés sur le projet Art House, de 1998. Un ensemble d’anciennes maisons (et d’un sanctuaire) du village, restaurées et occupées par des installations contemporaines, et créées pour beaucoup en concertation avec les locaux. S’y croisent des fleurs de camélias en bois sur tatamis, une immersion dans le noir complet, ou, entre autres un escalier de verre d’inspiration shinto.

Toutefois, et c’est le cas dans l’essentiel des musées et installations de l’île, les photos sont limitées, voire interdites.

Naoshima

 

Naoshima

Naoshima

Le sento « I love yu » à Naoshima

L’autre attraction phare de Naoshima reste « I love yu », le sento de l’île, transformé par l’artiste Shinro Ohtake 2009. Un ensemble bricolé, psychédélique et chargé de référence artistiques éléphantesque qui en font une expérience de bain musicale et unique. À l’intérieur, des détails sont à observer à plusieurs endroits, au fond du bain, au cœur du pommeau du robinet, au plafond, et même sur le banc du vestiaire…

Naoshima
Naoshima

Naoshima

Naoshima

Pour apprécier pleinement l’île, une nuit sur place est plus que recommandée !

Naoshima - Shikoku

Comment s’y rendre ?

Naoshima est une île reculée de la mer intérieure de Seto, mais qui reste très facile d’accès. Après le shinkansen jusqu’à Okayama, une cinquantaine de minutes de train (JR Seto-Ohashi jusqu’à Chayamachi puis JR Uno line, 580 yen) permettent de rallier le port de Uno. De là, environ un ferry par heure rallie Miyanoura (20 minutes, 290 yen aller simple).

Naoshima est aussi accessible en ferry depuis Takamatsu dans le Shikoku (50 minutes, 520 yen aller simple). De même, quelques ferrys font également la liaison directe entre Uno et Honmura. Toutes les horaires sont là (en anglais).

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