[Heisei#29] Pavillon d’or et temples sacrés autour d’Hiraizumi

Hiraizumi

Un peu perdue au milieu du Tohoku, et pas vraiment sur un circuit touristique, Hiraizumi, l’ancienne concurrente de Kyoto en taille et splendeur, est une étape à envisager sérieusement. Seul paysage de l’ère Heisei de la préfecture d’Iwate, la ville concentre à la fois un temple incrusté dans la roche et un pavillon d’or millénaires, et des gorges titanesques. Un lieu, témoin de l’époque Heian et du clan Fujiwara, qui confirme encore une fois la richesse très méconnue du Tohoku.

Parmi la longue liste des temples classés du Japon, Hiraizumi, dans la préfecture d’Iwate, en propose trois (Chusonji, Motsuji et Takkoku no Iwaya). Ce qui n’est pas vraiment un exploit en soi, mais pas forcément attendu dans ce coin du Honshu. Par ailleurs, comme quelques autres de la liste des 100 paysages de l’ère Heisei, la ville d’Hiraizumi est une entrée en soi.

La ville en elle-même et plusieurs de ses sites sont ainsi classés nationalement, au moins, et sont inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2011. A charge donc au visiteur de choisir ce qu’il souhaite venir voir. Une tâche difficile. Pour nous, trois endroits sont incontournables : les temples Chusonji et Takkoku no Iwaya Bishamondo et les gorges Geibikei. Les deux derniers ne sont pas classés au Patrimoine mondial.

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L’entrée du temple Takkoku no Iwaya Bishamondo.

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Pour commencer avec Takkoku no Iwaya (ouvert de 8h à 17h, entrée 300 yen) la construction étonne par sa localisation et son ancienneté. Construit pour la première fois au IXème siècle à l’époque Heian (mais reconstruit de nombreuses fois depuis) il est dédié au dieu bouddhiste Bishamonten en souvenir de la conquête triomphante de Sakanoue no Tamuramaro sur le peuple indigène nordique des Emishi.

Orange vif dans un écrin de verdure, la vue de la construction bouddhiste, comme incrustée dans la falaise, est inédite. Passée la promenade rapide sur le site, une autre surprise se dévoile au bout du chemin près de la falaise. En haussant un peu le regard. Le visage d’un Bouddha gravé dans la roche, Ganmen daibutsu, qui a été réalisé il y a plus de 900 ans et qui serait le plus au Nord des grands Bouddha du Japon.

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Le Ganmen Daibutsu, sculpté à 6,5 m de haut.

Autre témoignage de l’époque Heian et incontournable à Hiraizumi, le temple Chusonji (ouvert de 8h30 à 17h, entrée 800 yen). Tout de feuilles d’or recouvert et au sein d’une structure protectrice depuis l’ère Kamakura (mais renouvelée « en dur » au siècle dernier) pour préserver son art délicat, il renferme les représentations d’Amida, celui qui règne sur la « terre pure Occidentale de la Béatitude », selon la section de la « Terre Pure » du courant bouddhiste Mahayana. Les tombeaux des représentants du clan Fujiwara sur quatre générations s’y trouvent également.

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Les éclats dorés du Konjikido sont bien protégés par l’enceinte refaite dans les années 1960.
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Seul témoignage des feuilles d’or du Konjikido, les brochures réalisées par la ville.

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Par ailleurs, le Konjikido, ou Hall d’or, au sein du temple Chusonji est de quelques années plus vieux que le Kinkaku-ji, Pavillon d’or de Kyoto, et est surtout le seul bâtiment de cette époque encore en l’état ! Les photos à l’intérieur de l’enceinte protectrice sont d’ailleurs interdites, ce qui n’aide pas la célébrité du pavillon d’Hiraizumi.

Pour finir la journée riche en histoire et sacralité, et mettre son cerveau en pause, une balade en bateau au milieu des gorges Geibikei semble appropriée. Cette balade est d’ailleurs le seul moyen de partir à la découverte de cette facette plus nature d’Hiraizumi. Le trajet est commenté par le marinier mais seulement en japonais.

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Une heure trente d’une croisière paisible au milieu de grandes falaises, de formations rocheuses uniques, et accompagnée par quelques carpes et canards. La détente est totale avec notamment la chanson traditionnelle entonnée par le capitaine qui vient conclure le trajet.

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Comment s’y rendre ?

Pour rallier Hiraizumi depuis Tokyo il faut emprunter le JR Tohoku Shinkansen jusqu’à Ichinoseki (attention, tous ne vont pas jusque là) puis la JR Tohoku Main line jusqu’à Hiraizumi (coût de l’aller 12500 yen, JR pass ok).

L’autre option est de louer une voiture (le plus près sera Ichinoseki) car certains lieux comme le Takkoku no Iwaya (6km du centre) ne sont pas desservis par le Hiraizumi Run Run Loop bus.

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